


Dans le cadre des Journées de Toreria, j'aurai l'immense plaisir de donner en lecture, avec la complicité d'Arnaud Agnel, des extraits du texte lauréat du concours de nouvelles 2008 et quelques-uns de mes propres textes.
Ce sera le samedi 23 février à Arles à l'Eglise des Prêcheurs à partir de 19h0.
47 nouvelles présentées cette année pour le concours ! Et donc des soirées de lecture studieuses et attentives.
Pour avoir participé à plusieurs reprises à ce type de concours comme concurrent, je connais le poids de l'attente où l'angoisse et l'impatience se livrent un combat sans merci que la raison peine à tempérer. Et encore collé au fond de la gorge, le goût du doute, amer et venimeux. Un doute canibale qui ébranle, qui mine et ronge, les mêmes questions tournent sans fin avant de se poser, épuisées, au bord des lèvres et oser se murmurer : pourquoi écrire, pourquoi et pour qui ?
A dire l'émotion et la colère, à décrire l'injustice des hommes ou l'implicable destin, à chanter l'intime vague d'un bonheur qui submerge ou le vide abyssal d'une absence qui engloutit, il n'est pas un mot posé sur le papier qui ne soit désir ou urgence, qui ne soit signature d'amour et de sincérité.
L'âme écartelée, des chairs à vif, le coeur vibrant à fleur de peau, il n'est pas un mot offert au lecteur qui ne dévoile l'intimité de l'auteur, ne le dénude à en crever. A cuerpo limpio. il avance nu, droit et fier, sa main tendue et ouverte enfermant l'espoir insensé qu'un amour partagé l'habille de lumière. Pourtant, nouée au ventre, à la cicatrice du cordon vital, s'invite la peur insidieuse de l'indifférence, d'un silence aux odeurs de petite mort.
Le temps s'arrête parfois, suspendu à la lenteur écarlate d'une muleta amoureuse qui enveloppe la mort et trompe une corne assassine. Mais, il arrive aussi que le temps ne s'arrête pas.
Ecrivain et membre du jury, je sais les blessures qui saignent encore et de ces silences qui paralysent. Je sais aussi la force impérieuse qui dicte de retourner au combat, le menton sur la poitrine. Qu'à toreer les mots encore et encore, on vit beaucoup, on aime éperdument, on meurt un peu, souvent. Mais, sans écrire, on crève tout court.
Voici donc les huit textes que j'ai retenu (par ordre alphabétique) :
BrindisParmi ceux-là, un a particulièrement suspendu mon temps. "LA DEFENSE DU TORO"
La Défense du toro
l'Enlèvement
Division d'opinion
Indulto, le vieille dame de Triana
Jeune Premier
No puede ser
Pronostico grave
* A cuerpo limpio : à corps découvert.
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