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Samedi 26 mai 2007
Dans le silence peuplé d’ombres, Catherine écrit la nuit sous l’éclat d’une lune gitane qui lui tient lieu d’abri. Ses écrits ont le souffle puissant des taureaux dont le souvenir la poursuit, hors de l’arène, vers celle de la vie.

LE LIVRE / 
l'Arlésienne Catherine Le Guellaut vient de publier son second recueil de nouvelles taurines


A la vie à la mort avec les taureaux
Elle ne se livre qu’à sa page blanche. Son regard bleu porcelaine ne se laisse fouiller que lors de trop brefs instants. Une grande timidité lui tient lieu de réserve. C’est avec la nature surtout qu’elle aime à dialoguer.
Mi berrichonne, mi-bretonne, son enfance passée dans les marais solognots l’a place, dès l’âge tendre, au contact de paysages aux teintes argenté bleu et bronze où l’âme aime à baguenauder. Les récits de gamine puis de jeune fille emplissent ses cahiers d’écolière ; et tout naturellement, elle choisi, au sortir de l’école Normale, la carrière d’enseignante.

"Tester les bêtes, ce n’est pas s’exercer devant un miroir comme une ballerine"

En 1996, elle s’installe à Arles, découvre la tauromachie : "Je me suis immédiatement retrouvée dans la relation du torero au taureau, cette sorte d’adoration due à un dieu et, paradoxalement, cet aspect très paysan aussi, ce contact terrien, aux bêtes, aux pâturages… Aller dans les élevages, tester les bêtes, ce n’est pas s’exercer devant un miroir comme une ballerine. Je partage pleinement ce respect pour le taureau et ce goût du combat où s’exprime l’impératif de mettre en valeur les qualités de l’adversaire."

Un repaire au Sambuc
Durant dix ans, Catherine lit, court les férias, parfait sa culture tauromachique. Puis, elle quitte le centre ville pour une petite école désaffectée de Camargue, au Sambuc, et là, c’est le déclic.
Dans les concerts nocturnes du peuple de la nuit, elle hume, observe, vibre, et enfin se remet à écrire avec une urgence nouvelle. "J’écris très vite, je me corrige à peine" confesse-t-elle, "Un soir, au coucher du soleil, je me suis trouvée nez à nez avec un taureau Camargue. La proximité était telle que j’en étais enveloppée, littéralement enrobée dans son odeur, dans son souffle. J’ai poursuivi mon chemin et je l’ai retrouvé plus loin : nous avions cheminé de concert comme deux amis".

Cela donne deux recueils : "Et la lune nous regardait" le dernier en date paru aux éditions Cairn, et "Les taureaux rêvent aussi", en mars 2006 dans la même collection. Des textes où l'on ressent ce lien fort et étrange qui fait de l’homme un des acteurs de la nature, et non pas un démiurge la dominant. Des textes où la corrida, ce flirt avec le fauve, qui permet d’apprécier sans feinte le danger et la mort, fixe le prix de l’existence.

Au fil des pages, Caramelo, José, Aïcha, Angel, Main de Velours et leurs ombres se faufilent pour, comme le confie d’une voix ténue leur auteur : "combattre et triompher de toutes ces petites morts qui, quotidiennement, nous assaillent", confie l'auteur, de la voix tenue qui habille sa timidité.
Ses textes, eux, c'est sûr, vous parleront.

Violaine Küss - la Provence  - Samedi 26 Mai 2007

A LIRE
- "Et la lune nous regardait", autres nouvelles taurines, Editions Cairn, collection Filigranas
- "Les taureaux rêvent aussi", même éditeur, même collection
NOTRE AVIS
Indéniablement, il y a chez Catherine Le Guellaut tout un univers qui rôde et la hante, un peu comme chez Garcia Marquez ou José Luis Sampedro, coloré, tragique et dérisoire. Entre ces deux recueils, un auteur est né. L’écriture n’hésite plus, elle s’est peaufinée, aiguisée, nette, tranchante, toujours pudique et pourtant généreuse. Les phrases roulent, se gonflent d’adjectifs, et l’humour s’y est taillé une place pour mieux arrondir les arêtes trop vives des sentiments. Le mal de vivre a laissé percer une vision de l’humain. Entrelacées de coplas – couplets, poèmes du flamenco—beaux comme l’œillade d’une femme fatale, toutes ses nouvelles parlent des joutes que se livrent le désir et la vie, la passion impérieuse, et la mort, inéluctable certes mais loin d’être toujours victorieuse. Car sous ses allures graves, c’est bel et bien le goût de vivre qui motive Catherine Le Guellaut à prendre la plume.
V.K.

par Violaine KUSS
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Commentaires

RAREMENT LU D'AUSSI BELLES CHOSES SUR LA TAUROMACHIE !!! c'est sensible, troublant, humain (ultra-humain), ouvert sur la vie et excessivement bien écrit. A recommander à tous ceux qui pensent ne pas aimer la corrida ! - SG -
commentaire n° : 1 posté par : SG le: 23/08/2007 15:14:10

C. Le Guellaut est peut-être un excellent auteur, n'empêche qu'elle se sert d'une pratique abjecte pour trouver ses idées... 
Sait-elle que les taureaux sont ensuite achevés après le combat, souvent de façon impropre puisqu'ils ne meurent pas forcément tout de suite ? Et qu'ils risquent donc d'agoniser longtemps dans le camion où on les jette avec brutalité ?
Où est la beauté, là-dedans ?... 

Aimer la vie et parler de morts d'animaux qu'on torture avant de les achever, se servir de la souffrance animale, de sang qu'on fait couler volontairement, me paraît plutôt malsain. Tout le monde sait que le taureau n'a aucune chance... Il est donc inutile de glorifier l'homme ! Pourquoi le ferait-on ? Parce que ce dernier risque sa vie dans l'arène ? Mais de cette façon-là, c'est aussi grotesque que ridicule !  Dans la vie de tous les jours, il y a déjà assez d'occasions de la risquer sans cela !

Les livres de l'auteur se font en quelque sorte le support des adeptes des corridas, trop contents de trouver là quelqu'un qui les soutient... Puisqu'en ce moment, il y a une partie adverse qui les combat. Dont je fais partie, cela va sans dire... Je préfère un Léonard de Vinci qui disait que tout acte d'ôter une vie devait être assimilé à un meurtre, qu'un Hemingway qui admirait la tauromachie...
En conclusion, je pense que les amoureux des animaux ne peuvent en aucun cas admettre une pratique aussi barbare, une pratique d'un autre âge, telles les arènes dans l'antiquité.

Justine Mérieau - Ecrivain

commentaire n° : 2 posté par : Justine Mérieau (site web) le: 07/10/2007 23:05:12
Chère Justine,
Ce n'est pas à un écrivain aussi chevronné que vous que j'apprendrais qu'avant d'écrire sur tout sujet, on s'informe ; ce que vous avez manifestement oublié de faire.
1/ Vous documenter sur la tauromachie, ou mieux assister à une corrida, vous aurait évité de colporter des non-sens indignes de votre intelligence et vous aurait au moins permis d'émettre un propos personnel, plutôt que répéter bêtement les anneries des autres
2/ Pour votre gouverne, j'écris sur les taureaux, parce que je les aime, sincèrement, porfondément, tout simplement. Parce que le spectacle dans les arènes met en scène publiquement la vie et la mort, l'humain et l'animal en posant - toujours réinventée, toujours aussi urgente - la même question de ce que nous sommes...
Ce qu'en lisant mes livres, et bien d'autres de grandes plumes, vous auriez peut-être découvert.

Catherine Le Guellaut

PS : Contrairement à vous, je ne crains pas de publier les avis négatifs sur mon blog où tous les commentaires sont immédiatement visibles. La tauromachie a cette vertue : nous apprendre le respect, la loyauté, le courage et la tolérance !!!
réponse de : Catherine Le Guellaut (site web) le: 08/10/2007 17:10:09

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Où trouver ?

Les deux recueils de nouvelles
"Et la Lune nous regardait" (2007)
"Les Taureaux Rêvent aussi" (2006)
sont officiellement épuisés. .
Les derniers exemplaires sont disponibles
à la Boutique des Passionnes d'Arles
http://www.passion-toros.com
et dans les bonnes librairies .

Copla



"Et la lune nous regardait"
envoyé par Catherine Le Guellaut

Copla (poème)
illustrations d'Albert Martin
sur une musique de Mariano Martin.
 

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