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Lundi 1 octobre 2007

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La Suerte del Destino






iolette, elle ne peut s’appeler autrement que cela, Violette, Violette.
Au parfum discret qui flotte légèrement sur son passage au milieu des vapeurs d’éther et de javel, je sais qu’elle est là, tout près, et perçois le glissement feutré de son corps fluet et gracile dans la blouse blanche impeccable qui effleure la peau veloutée, fine et brune.

    Comme tous les matins, Violette plane autour de moi, le geste sûr et silencieux de protocoles immuables, la longue litanie des perfusions que l’on change, des drains et canules qu’on remplace, des poches nourricières et médicamenteuses qu’on hisse aux potences, au rythme du respirateur qui termine son cycle par le claquement sec de son clapet aux résonances de cercueil avant de reprendre son râle long et laborieux d’asthmatique.
    La main est petite, chaude et douce ; deux doigts en pression sur mon poignet palpent mon pouls qui s’emballe, je crois, en sa présence. Bat-il réellement plus vit mon cœur branché sur électrodes ? Le bip strident à l’écho aquatique saute-t-il vraiment de joie d’un bord à l’autre de l’écran de contrôle émeraude quand sa peau dorée frôle la mienne ? Suis-je à ce point un rêve en suspension pendant qu’elle est si vivante, si réelle ?
    Malgré l’inertie de mes muscles anémiés et mes réflexes en vacance, il y a forcément quelque chose de tangible, de perceptible qui vibre sous ma peau fanée, écaillée, qui palpite dans mes chairs amorphes, froides et déliquescentes. Le fourmillement fiévreux sous mon crâne, il me semble qu’il n’a jamais été aussi intense, doit bien se manifester ailleurs que sous les picots atones des imprimantes ou dans les courbes monocordes qui s’affichent sans relief sur les immenses panneaux de plasma.
    Pose ta main sur mon front, ta joue sur ma poitrine, tes lèvres sur mon sexe, Violette ! Violette, ne pars pas ! Ne t’en vas pas ! Pas encore !
...

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par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Les deux recueils de nouvelles
"Et la Lune nous regardait" (2007)
"Les Taureaux Rêvent aussi" (2006)
sont officiellement épuisés. .
Les derniers exemplaires sont disponibles
à la Boutique des Passionnes d'Arles
http://www.passion-toros.com
et dans les bonnes librairies .

Copla



"Et la lune nous regardait"
envoyé par Catherine Le Guellaut

Copla (poème)
illustrations d'Albert Martin
sur une musique de Mariano Martin.
 

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