Ecrivain public

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INTRODUCTION au texte "La Puerta Grande del Olvido"

Pendant la seconde guerre mondiale, de 1942 à 1944, en Camargue, à Saliers, un camp d’internement pour les gitans a été créé par le gouvernement de Vichy.


Au milieu de Nulle part,
Entre marais et moustiques,
Entre Saint-Gilles et Albaron,
Un camp où 700 personnes ont été enfermées.
Un camp aux apparences de village camarguais,
Un camp modèle, un camp vitrine et de propagande,
Un camp aux murs trop blancs (2) où tout manquait.
Un camp aujourd’hui effacé du paysage,
Comme s’il n’avait jamais existé,
Que dans la mémoire murée des survivants et de leurs familles.

Au milieu de Nulle part,
Entre marais et moustiques,
Entre Saint-Gilles et Albaron,
Le 2 février 2006, un mémorial a été érigé
Une sculpture de Jean-Claude Guerri (*)
Pour ne jamais oublier

Je dédie le texte qui suit à tous mes amis gitans et à tous mes frères humains, et dire qu’on se savait pas est loin d’être suffisant.

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La puerta grande del Olvido




l y avait sur le parchemin de son visage toute la carte de l’Espagne, pas celle de bitume blanchi et fondu qui ne parcoure que la surface des choses ou accélère la courbe des profits en creusant celle de la misère, pas celle non plus des marinas de marbre factice où s’étalent des fortunes éphémères entre les lauriers en pots.

    Non, sur ses joues creusées et cuivrées, se dessinaient d’autres paysages ancrés au cœur de l’âme, de terres arides enserrant les racines d’oliviers centenaires, de tourbillons de poussière au croisement de chemins sans nom, de vallons lointains bleus, et au coin des yeux les sillons profonds de rios secrets où murmurent les genets en fleurs.

    Dans sa tête, vibraient encore des milliers d’étoiles, les échos multipliés à l’infini de sa dernière arène debout qui lui souriait, l’embrassait, le remerciait un à un. Hasta siempre, José !
    Il serrait contre son cœur, dans sa main fermée, plus doux que le baiser d’une mère, cette poignée de terre natale et le petit bouquet de saladelles enrubannées, images symboliques du modeste mazet camarguais, non loin du Rhône que l’aficion et son torero venaient de lui offrir cérémonieusement pour marquer sa despedida.
...


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Main de velours





ans le silence de la longue maison aux murs irréguliers, blancs et nus, telle un métronome implacable et solitaire, l’horloge de l’entrée martèle l’air et le temps de son balancement sonore et grave. Quelques poussières égarées divaguent dans les faisceaux de lumière crue qui percent les hautes fenêtres de la salle à manger et luisent à la surface de la longue table de bois sombre fraîchement encaustiquée.

    Ultime note de musique, intense, brillante et légère qui frissonne au clavier de son piano avant de s’évanouir, Angel avait souri, fermé les paupières tranquillement et s’était éteint à cinq heures, ce matin.
    Assis au bord du lit, José avait jeté un dernier regard embrumé vers la petite boîte de fer blanc, encore ouverte sur le chevet, contenant la seringue usagée, le flacon vide et le garrot, puis avait détaillé une à une toutes les taches brunes et rousses que la vieillesse et l’usure avaient déposé sur la main d’Angel qu’il garda au creux de la sienne, immobile, longtemps…

L’étang ici est noir et profond
Serti de saules turquoise sans reflet
L’étang ici est noir et lisse
Miroir sans tain d’un ciel éteint.

Ni chemin, ni sentier
Le vent reste immobile
Assèche mes pleurs
Engourdit ma douleur.


    Toute la nuit, à la même place, il avait caressé cette main bleuie et gonflée sous l’effet de lourds traitements médicaux accumulés, déformée par les rhumatismes et l’arthrose de ses doigts maigres et tors. Par instants, il la serrait un peu plus fort pour le rassurer et marquer sa présence ; Angel répondait alors à son étreinte comme pour dire “Je sais que tu es là“.
Catherine,
J'ai fini ton 2è livre
Mon Dieu comme tu écris bien ! Quelle sensibilité ! Quelle broderie des mots. Comme tu fais bien passer le fond des êtres.
J'ai aimé ton livre, moi qui n'aime plus la corrida mais qui sait  à quel point elle peut bouleverser.
C'est de la poésie en prose. Je n'avais plus été bouleversée à ce point depuis ma première lecture de Verd paradis de Max Rouquette. Aucune ressemblance pour le thème, mais alors, pour la manière de traduire ce que tu sens et exprimer le fond des âmes, c'est unique
Je te fais de gros bisous pour m'avoir donné cette joie
Lise Gros - 1 Octobre 2007 -
écrivain et conteuse

C-LeGuellaut-NB.jpg FERIA des VENDANGES à NIMES

A l'invitation de la librairie Goyard,
je dédicacerai mon dernier recueil de nouvelles taurines

"Et la lune nous regardait"
paru aux éditions Cairn en mars dernier

samedi 15 Septembre de 15h30 à 17h
Si vos pas vous portent en ces terres nîmoises,  je serai heureuse de vous y rencontrer,
con aficion, ~ Catherine ~

bibliographie

  La Sombra del Sol
nouvelles taurines
à paraître début avril 2011
(Cairn)
nouvelle in recueil "Brume et autres nouvelles du prix Hemingway"
(Diable Vauvert, 2010)
250 réponses à vos questions sur la tauromachie
en co-écriture avec
Christophe Chay et Jacques Massip
(Gerfaut, 2009)

Les Taureaux Rêvent aussi
(Cairn, 2006)
épuisé

Et la Lune nous regardait
(Cairn, 2007)

Q
uelques derniers exemplaires disponibles
à la Boutique des Passionnes d'
Arles

Texte libre



"Et la lune nous regardait"
envoyé par Catherine Le Guellaut

Copla (poème)
illustrations d'Albert Martin
sur une musique de Mariano Martin.
 

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