Dimanche 25 mars 2007

ET LA LUNE NOUS REGARDAIT
Y LA LUNA NOS MIRABA
- autres nouvelles taurines
Par choix, par passion. Entre sol y sombra, des vies en sursis de toreros basculent un jour. Explosent sous la charge du toro bravo, se noient dans le regard émeraude d’une sirène, succombent à la détresse... Ou comme les nôtres apparemment plus ordinaires, s’alimentent de mille petits bonheurs secrets, se battent pour surmonter les instants de doute ou de terreur. Hurlent aussi. Aux compromissions, à l'injustice.
D'une nouvelle à l'autre, on se faufile presque par effraction dans le sillage de José, le mozo de espadas, le valet d'épées du matador, homme à tout faire, confident et protecteur qui apparaît derrière les burladeros, puis disparaît entre deux portes. José tout court. José, le fidèle, l'humble, le sans nom, le sans grade.
Unique, multiple, singulier ou pluriel, juste un prénom pour guide. Le passeur sensible entre le visible et de l'invisible. Le témoin silencieux de bouts de vies sur fond d'arènes où le réel et l'imaginaire se mêlent, se croisent, s'enlacent.
En onze textes ponctués de coplas, troublante fileuse des mots, sorcière des émotions, Catherine Le Guellaut tisse avec violence et délicatesse les fils tenus de ces vies croisées, parfois brisées. Et comme pour en révéler un sens oublié, elle noue au centre de sa toile, le miroir circulaire de l'arène où se reflètent l‘humain et l'animal, l'homme et le dieu-taureau attachés l'un à l'autre par des liens ancestraux faits de sauvagerie, de bestialité, d'amour et de passion. De sagesse parfois.
Sous le regard d'une lune attentive aux yeux cernés.
PARU LE 14 MARS 2007 (editions Cairn)
par Catherine Le Guellaut
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