Vendredi 29 juin 2007
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FERIA D'ARLES : A lire absolument "Et la lune nous regardait" |
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« Et la lune nous regardait », nouvelles taurines de Catherine Le Guellaut Après Les taureaux rêvent aussi paru l'année dernière, Catherine le Guellaut récidive avec ce nouveau recueil de nouvelles qui vient de sortir aux éditions Cairn sous le titre Et la lune nous regardait. Son livre à peine sorti, elle travaille déjà à d'autres textes sur neuf vies et morts de femmes anonymes ou fictives en lien avec les neuf vies du chat... C'est une vieille expérience qui voit une fois encore son aboutissement car dès l'adolescence l'auteur s'était essayé à la chose écrite avec un journal, des poésies ou des carnets jamais édités et encore plus rarement montrés. « Quand on a seize ans, on ne sait pas si on écrit pour soi ou pour les autres... » Pour faire face à une vie professionnelle plus que prenante, Catherine Le Guellaut arrête momentanément d'écrire, ce qui ne l'empêche pas d'emmagasiner des histoires avec des gens vus, croisés, des histoires de sentiments. « Comme j'ai l'impression d'être une éponge qui absorbe les sentiments des autres, j'ai fait du stock mental », reconnaît Catherine Le Guellaut. Et puis un jour, cette Berrichonne d'origine achète une maison en Camargue au milieu des taureaux, sous un ciel particulier, entouré de marais et d'une végétation qui peine à vivre. Elle a alors l'impression d'avoir trouvé une terre où elle peut prendre racine et la nuit tout de ce processus d'écriture refait surface. Ainsi naît son premier recueil sur un scénario plutôt nature. Aujourd'hui dans ce livre illustré par le peintre nîmois Albert Martin, séduit et conquis par le premier l'auteur raconte des histoires d'hommes, des destins. « Sans m'en rendre compte au deuxième texte j'avais déjà installé le personnage témoin de José qui à partir de la troisième nouvelle est resté et là de façon très consciente... » Et ce que le livre raconte ce sont des intimités de toreros ou de personnes qui gravitent autour de la tauromachie. « Le fait d'avoir un personnage filigrane c'était pour moi le meilleur témoin possible. » D'une nouvelle à l'autre on se faufile donc dans le sillage de José, le mozo de espadas, le valet d'épées du matador, José le fidèle à la rencontre de ces morceaux de vies. Dans ces onze textes, Catherine le Guellaut livre sa vision du monde souvent sombre et noire. « Dans l'arène on retrouve l'état du monde en général car la corrida c'est le miroir d'un état du monde qui rejette sur les spectateurs leur propre image, leurs interrogations par rapport à la vie et au destin », commente l'auteur qui, cette année plus encore qu'avant, ressent chez les autres une certaine inquiétude sur le devenir. « Qu'est-ce qu'on fait ensemble et qu'est-ce qu'on a oublié de faire ensemble ? » s'interroge Catherine le Guellaut. Réponse en poésie et en talent « entre ombre et lumière, où nos âmes se balancent dans le silence ». Sous le regard de la lune.
V.B.-B. - Midi Libre Vendredi 6 Avril 2007 -
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