Lundi 1 octobre 2007
Comment dire à ma mère
que je suis mort ?
que je suis mort ?
ans la pénombre de la chambre d'hôtel, seules quelques raies de lumière percent les volets clos, plus fins qu'un cheveu d'ange, plus fragiles qu'une vie, et accrochent par instant des étincelles brillantes aux broderies de mon habit de lumière préparé sur une chaise en face du lit.
Les rumeurs de la fête suintent légèrement à travers l'épaisseur des tapis de soie orientale du couloir, lointains échos d'un monde fébrile, avide et impatient qui exhale, le long des boulevards autour des arènes, ses passions et ses pulsions, ses vices et sa beauté. Quatre jours et quatre nuits, exubérants élixirs de l’extrême, comme si demain ne devait jamais éclore ou s’évaporer dans le banal néant de l’ordinaire et la fadeur d’un quotidien routinier. Comme si leur vie entière devait se cristalliser dans cet ultime intense frisson !
Alors que c'est mon cœur et pas le leur qui va s'exposer au danger. Que c'est ma vie qui peut exploser à tout moment sous la corne, et mon âme qui risque de s'envoler aujourd’hui dans le couchant du soleil.
Comment dire à ma mère que je suis mort ?
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Par Catherine Le Guellaut
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Publié dans : textes à lire
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