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A vos plumes

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Lundi 1 octobre 2007



Piedra de rubi (coplas)

Piedra de rubi
Mortaja d’escarlata
Precipicio oscuro
De los pasajeros de la vida
Torente rojo
Donde colan
Nuestros sueños
Y nuestros amores apaganas.


Granit de rubis
Linceul d’écarlate
Gouffre obscur
Des passagers de la vie
Rouge torrent
Où coulent
Nos rêves
Et nos amours éteints.



par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Lundi 1 octobre 2007


Qu’est-ce qui est plus moral,
undefinedcréer une banque
ou l’attaquer ?
- Bertold Brecht -



L’Estoc du Banquier



a lumière s’est éteinte soudainement et le bruit sec de l’interrupteur qu’on abaisse s’est répandu le long des coursives vétustes et des couloirs aux murs graffités et écaillés, imposant aussitôt un silence gras, compact et poisseux.
    À travers la minuscule lucarne en hauteur, la lueur froide de l’hiver projète au sol bétonné des barreaux épais et définitifs qui cadenassent dans mon esprit l‘idée que tout est vraiment fini, que jamais, jamais plus je ne sortirai de là. De ces deux mètres sur trois au lit étroit trop court, de cette odeur de pisse aigre qui remonte de la cuvette sans couvercle et imprègne tout jusqu’à mes rêves, de cette eau qui goutte et égraine le temps entre mes doigts. De cette misère qui sourd des murs lourds, de cette violence qui paralyse, qui fait hurler, pleurer ou tuer.

    Sept cents vies soupirent ici empilées les unes sur les autres, sept cents solitudes au cœur de la nuit se taisent juste quelques instants à l’extinction des feux et se retournent en elles-mêmes, infiniment vulnérables, nues et fragiles.
    Quelques minutes denses où les murs s’estompent et les âmes s’envolent, courts moments suspendus avant que les premiers appels ne reprennent leur course d’une cellule à l’autre, cristallins dans la nuit carcérale, et n’enflent en murmures grouillants, en rumeurs palpables, enveloppantes, en chocs métalliques, inquiétants, incertains, douteux ou menaçants.
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par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Lundi 1 octobre 2007

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La peau du chagrin




aloperie de toro, saleté, hijo de putana, valet du diable, tueur, assassin, …“. Intarissable, rongé d’une colère qui enflait de plus belle dans le flot incessant des injures, José n’en finissait pas d’insultes, expurgeant dans cette diarrhée verbale le fiel et le venin qui le minaient.
    Assis devant un établi de fortune au fond du cabanon à outils, il racle, au rythme de ses jurons sans fin, une pièce de cuir trempée pour en éliminer les poils résiduels, les graisses et les derniers lambeaux de chair. Les tuiles rondes du toit en soupente fument et grincent sous la chaleur de l’après-midi de juillet. Étuve surchauffée et suffocante où José, torse nu, sue sous l’effort et maugrée sans cesse en ébouillantant la peau dans des bains successifs de chrome, de sels et de tanins à l’aide d’une longue pince de bois : “Fumier, regarde ta peau maintenant, dans le chaudron du diable, rejoins ton maître ! Je vais te mater et te faire regretter ce que tu as fait ! Ordure, pourriture…“.
    Ses mains puissantes et rêches tordaient la matière pour en extraire toute l’eau résiduelle, la malaxaient, la trituraient, la torturaient avec un acharnement sadique jusqu’à l’épuisement et la souffrance. Visage tendu et bouche déformée. Alors, José déplia la peau devenue mince, souple et molle.
    Plus qu’une caresse, un effleurement d’une légèreté inattendue, tendre et sensuelle pour l’étendre, éliminer les plis et contrôler sa douceur, la régularité de son épaisseur, la finesse de son grain, évacuer la moindre miette d’imperfection. Avec une infinie délicatesse, il souleva la pièce de cuir qu’il déposa encore humide sur le visage de plâtre couché sur la table, la centra précisément sur l’arête du nez, roula les côtés et commença d’étirer, de tendre la peau qui épousait petit à petit le visage lisse et mort. Les yeux, les arcades sourcilières, les pommettes, la bouche, le front, le menton jusqu’au cou et aux oreilles. D’un onglet de buis, il fignola la pose, marqua les paupières, les narines et les lèvres, élimina les ultimes bulles d’air et les derniers plis, puis s’assit sur le tabouret branlant, anéanti de douleur, dégoulinant de sueur et de larmes.
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par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Lundi 1 octobre 2007


Mil Toros


Mil toros  à la porte de ma vie,
Mille rumeurs.
Deux mille cornes  et un seul cœur.
Silences.

Mil toros m’écoutent,
Mille questions.
Deux mille cornes et un seul corps.
Murmures.

Mil toros coulent en moi,
Mille  rivières.
Deux mille cornes et une  messe.
Prières.

Mil toros me regardent,
Mille soupçons.
Deux mille cornes et des promesses.
Trahisons.

Mil toros et une lame,
Mille combats.
Deux mille cornes et une larme.
Mensonges.

Mil toros parlent d’amour,
Mille caresses.
Deux mille cornes et un regard.
Espoirs.

Gabriel SANDOVAL, Toulouse, 12-08-06.

par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Lundi 1 octobre 2007

Pour Gabriel Sandoval
En écho à tes coplas
vibrantes de rêves et de paix,
mi hermanito.
Ton âme sœur.
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Mil Toros y uno





’aime le silence des arènes vides au petit matin brumeux, quand les vapeurs de la nuit enrobent encore les planches endormies des burladeros, quand les ombres grises et paresseuses collent à la porte du toril, quand le sable moite soupire et rêve.
    J’aime le silence des arènes vides et le craquement du bois qui se dilate, les oiseaux qui s’ébrouent et se taquinent et les premières lueurs de l’aube qui estompent les étoiles attardées.
    J’aime le silence des arènes quand la ville dort encore. J’aime ce silence limpide et frais qui sent bon le limon du fleuve paisible et amoureux quand dans sa fuite, le temps soudain se fige au-dessus du monde, l’espace d’une petite mort en suspension entre l’eau et le ciel nimbé de lumières.
    J’aime ce silence qui est le mien, à moi José, à qui pourtant rien n’appartient, que la légèreté des matins clairs, le souffle subtil du vent et le frottement régulier de ma brosse de paille dure sur la toile des capotes qui chantonne à l’aube dans le patio de caballos. Alors l’espace d’un instant, chaque jour, je suspens la course du temps entre mes mains calleuses, et moi, l’humble valet d’épée, José le transparent, José l’invisible, je deviens le maître d’un monde immobile, parfait et rond.
...


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par Catherine Le Guellaut publié dans : textes à lire
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Texte libre

Les deux recueils de nouvelles
"Et la Lune nous regardait" (2007)
"Les Taureaux Rêvent aussi" (2006)
sont officiellement épuisés. .
Les derniers exemplaires sont disponibles
à la Boutique des Passionnes d'Arles
http://www.passion-toros.com
et dans les bonnes librairies .

Texte libre



"Et la lune nous regardait"
envoyé par Catherine Le Guellaut

Copla (poème)
illustrations d'Albert Martin
sur une musique de Mariano Martin.
 

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