Samedi 26 septembre 2009
Dernière industrie d'Arles, International Paper (USa) a annoncé la fermeture des Papeteries Etienne, avec à la clef 107 licenciements alors que la société réalise des profits conséquents.
Que vaut la peau d'un ouvrier à l'once des quotas de rentabilité, des primes aux actionnaires, des indices boursiers et des bonus ? Que vaut la peau d'un ouvrier sinon son savoir-faire, son amour du travail bien fait, son honneur, sa sueur et son humanité. Que vaut la peau d'un homme, d'une femme, que vaut une vie ? Que valent 100 vies, 1000 vies ? Des millions fois plus que leurs maudits profits qui puent la pourriture, la cupidité, le sang et le mépris.
Papier sale pour planches à billets de fortunes volées, brûlons-les !
Cansons et cartons où coucher, en vers ou en prose, des mots de respect et de fraternité ! Amis papetiers, le papier a la noblesse de votre résistance. Tenez bon et INVENTEZ, s'il vous plait, une vie nouvelle pour VOTRE PAPETERIE et celle de vos enfants.
Alors, pour moi, écrire des livres imprimés sur votre papier aura encore plus de sens !
CleG, le 26 septembre 2009.
Par Catherine Le Guellaut - Publié dans : Rouspétances !
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 25 septembre 2009
Qu'est-ce qui va finir par tuer l'humanité ? les rejets de co2 ou les manipulations d'opinion ?
Par Catherine Le Guellaut - Publié dans : Rouspétances !
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 29 août 2009












Autour de notre
"250 réponses à vos questions sur la tauromachie",

Christophe Chay, Jacques Massip et moi-même
avons pris place
à la très traditionnelle table de dédicace
organisée par la Boutique des Passionnés à Arles.
A nos côtés,
Olivier Boura, Pedro Cordoba, Jacques Durand, Pierre Dupuy.
Séance le samedi 12 septembre,
de 14h30 à 16h30,rue Réattu.

à NÏMES, féria des Vendanges
Tous les trois, étions également en dédicace à la librairie GOYARD, boulevard Victor Hugo à Nîmes
Samedi 19 septembre à partir de 15h00


Coordination des rencontres et des dédicaces
Claire Neuville (Edisud).
Communication et relations avec la presse
Eric Tournier (Gerfaut)
Par Catherine Le Guellaut - Publié dans : rendez-vous - Communauté : tauromachies
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 1 août 2009
Du ballaste montait une odeur entêtante de souffre et de goudron, les cigales alertées s'étaient tues, toutes, mues par un unique instinct collectif invisible et indissociable. Comme nous, respiration économe, oreille tendue, elles épiaient immobiles et silencieuses, le moindre souffle de vent, la vibration la plus infime, la genèse du tumulte ou l'infini mystère des choses invisibles.
Pas après pas, le pied glissant sur le trait d'acier comme un funambule sur son fil, le menton pointé en avant bravant l'inconnu, Paco avançait lentement vers le trou béant noir de fatalité, fanfaronnant une légèreté d'âme tout juste contestée par le tâtonnement maniaque de ses orteils assurant nerveusement l'adhérence des semelles sur le rail luisant d'huile et de soleil. Un rictus bravache au coin des lèvres, il nous souriait silencieusement, haussant les épaules pour adopter l'air détaché et supérieur de ceux que la peur ne peut atteindre. Les bras en balancier cherchaient l'équilibre, la sûreté du geste, une sérénité apparente que le long sifflet modulé en trois tons aspiré dans le tunnel figea ses lèvres d'une rigidité panique.
Une goutte de sueur captive s'échappa d'une mèche de mes cheveux et s'insinua brûlante, venimeuse et acide à la lisière de mes cils. Les yeux rougis à force de fixer l'ouverture rugissante du tunnel, je ne respirais plus, je ne vivais plus, mon coeur suppliait que j'intervienne, que je lève le défi insensé, idiot, absurde. Tétanisé, je subissais de la tête aux pieds le tremblement sourd fourbissant des entrailles de la terre son obscur dessein. Incapable de parler ou de bouger, plaqué contre la pente escarpée, les arêtes vives des pierres me torturaient le dos et les fesses. Collé contre moi, Manu gigotait, fébrile, cherchant genou à terre une stabilité précaire et le meilleur angle qui lui permette de filmer l'exploit avec son téléphone portable.
“Pas compliqué, tu marches sur les rails, le train fonce sur toi et toi, tu avances vers lui le plus longtemps possible, tu vois, comme un torero face au toro. Moi, je filme tout et je bascule le video-post sur internet. Mortel, on va faire un carton“. Lui qui d'ordinaire traînait son ennui jusque dans la mollesse de ses tee-shirts délavés avachis sur son torse creux et apathique, comme l'oriflamme dépenaillé de ses illusions perdues, Manu nous avait paru étrangement possédé, animé d'un feu intérieur que nous ne lui connaissions pas. Le regard halluciné d'excitation, il nous avait vanté son idée hier soir sur les marches du parking du supermarché. Avec force interjections et gesticulations, il nous avait promis en connaisseur une expérience génialissime, des sensations de “ouf“ qui décoiffent à vie et forment les légendes, les héros, les vrais, ceux dont on se souvient, comme il disait. “Je sais où il faut aller, on ne sera pas dérangés“. La boca de la muerte. Son père, conducteur de train lui avait souvent parlé de cette longue courbe dans le tunnel ouvrant aussitôt sur la descente dans un étroit goulet. Il faut réduire la vitesse au maximum juste avant le virage, les chauffeurs le savent tous ; éblouissante de blancheur au sortir des ténèbres, la pente abrupte, encaissée et surchauffée avale aussitôt le train dans une glissade aux enfers de plus d'un kilomètre, inexorable, lourde machine infernale emballée par son propre poids aspirant au passage les garennes écervelés et les mulots trop amoureux. Moucherons fragiles et dérisoires percutés par la dévoreuse d'acier filant dans son abîme mécanique, seuls les chocs répétés des corps broyés sur les déflecteurs, les os fracassés sur le pare-brise de la cabine rappellent aux chauffeurs, saouls de vitesse, enivrés du défilement fantomatique des paysages en lignes colorées et fuyantes, que le monde extérieur continue d'exister, de chair et de sang.
Nous avions quitté les dernières zones habitées et dépassé par le nord les entrepôts déserts en ce jour férié pour nous faufiler dans une brèche du grillage que les ronces et les liserons masquaient en partie. Ultime frontière rouillée avant l'aventure, nous abandonnions, fébriles, les terrains connus de l'oisiveté ordinaire, les horizons ternes qui clôturaient nos quotidiens sans surprise de mômes blasés. De l'autre côté, la pente caillouteuse fondait en entonnoir sur les voies chauffées à blanc au soleil de juillet. Plus assis que debout sur nos jambes, nous avions dévalé de dévers, les schistes éboulés se dérobant sous nos poids, les mains écorchées au tranchant des silex, agrippés aux rares épineux entêtés à survivre entre les rocailles, la poussière et les lambeaux plastiques déchiquetés échoués ici comme dans une fosse commune de détritus anonymes.
Les cinq heures plombaient le fossé et les rails d'une lumière aveuglante. Le tunnel avait englouti le dernier sifflet dans son obscurité, givrant nos coeurs à les briser sec. Paco avait pali de la tête aux pieds, sombre héros de bande dessinée en noir et blanc, mâchoire serrée taillée à la serpe hachurée d'ombre et de détermination, les yeux cernés fixes tendus vers le gouffre où fourbissait l'orage. Pied à pied, la semelle pleurant sa gomme à chaque centimètre gagné, il progressait en somnambule dans l'atmosphère suffocante, les bras légèrement écartés, les doigts livides pianotaient dans l'air les notes aigrelettes d'une ronde enfantine. “un au jardin, deux, trois au bois, cinq, six au paradis, sept, l'enfer pour celui qui reste“. Automate exsangue et aveugle en équilibre sur le fil de sa vie, Paco avançait toujours, aimanté par le rugissement de l'ombre, par le crissement métallique grandissant éructé de la bouche de la mort. Le visage couleur d'acier, il était rail blanchi au soleil, étincelant profil dressé à la charge rectiligne, il était train et tonnerre, il était le tremblement et la terre, l'éclat de l'ombre surgissant à la lumière.

J'ai dû fermer les yeux, bredouillant une incantation du bout des lèvres gercées de fièvre et d'inquiétude. Entre mes cils, la silhouette de Paco, gracile avance, auréolée de soleil et de silence. En équilibre sur son rail, pied gauche avancé, il tend sa main droite devant lui, largement ouverte, offerte à la fureur du mufle mécanique. Au bout du bras tendu, un petit coup de poignet léger captant l'oeil du phare contraire infléchit la course rectiligne, invite la masse obscure à suivre la large courbe que la main dessine autour de la ceinture. Battement cadencé du coeur d'acier, des bielles, des vérins, grincement langoureux de la trajectoire contrariée, de la ligne droite incurvée, du métal agressant le gravier. L'ébène locomotive s'arrondit et s'enroule autour de la taille, passe et frôle tirant tout son train dans le même sillage, se retourne lentement, lourdement, puissamment, revient. Les deux pieds en équilibre sur son rail, Paco reprend la tête au creux de sa main, sculpte une nouvelle courbe douce, longue, onctueuse, légère, éblouie, imprimant à la fonte la profonde rondeur d'une voute étoilée, un ruban de nuit ondulant autour de son corps immobile nimbé de lumière. Paco sourit et l'éphémère beauté me rend soudain heureux, neuf, bon.

Hurlement de loup du fond des ténèbres. Sifflets, tonnerre.
Sous mon corps collé au talus, le sol grondait, grinçait, grimaçait. Du tunnel la rumeur enflait, grossissait, fracas de forge bouillante d'huile et de cambouis, martèlement cadencé d'un coeur sur pistons. Le ciel explosait de tout son bleu et je criais dans la tourmente. “Bouge, Paco, bouge-toi de là !“. Eclair de fonte issue des entrailles de la nuit, la bouche crachait la mort et Paco se dressait sur le trait de lumière. Il avançait encore. Les freins crissaient, stridents. Un pas, un autre. Dans sa cabine, sémaphore désespéré et aphone, le conducteur agitait les bras derrière sa vitre. Un souffle, un bond, je ceinturais Paco et l'aplatissais violemment sur le côté de la voie alors qu'il esquissait de la main droite la douceur d'une passe, relâchée, basse à l'adresse de la locomotive qui fondait vers son abîme.

Manu fulminait en silence, les doigts pianotant nerveusement sur le clavier de son portable où rien ne semble avoir été enregistré. Je ne sais combien de temps nous sommes restés allongés tous les deux, Paco le visage plaqué dans le ballaste, et moi couché de tout mon long sur son corps, à le sentir vivre, revivre, renaître sous moi, à respirer le nez dans ses cheveux l'odeur de sa sueur, de sa peur, de nos peurs, à discerner celle plus fugace d'un fauve imaginaire imprégnée à nos peaux mêlées. Sans doute, le temps que les cigales reprennent leur joyeuse cacophonie au couchant, indifférentes à notre folie. Le temps qu'au fond de notre fossé, la lumière cède à l'ombre, le temps je crois que la fureur s'éteigne à l'horizon confiant au vent marin, son sifflement modulé, long comme le cri de la mort qui passe.
© CleG - 1 août 2009 -
lire aussi "Rouge Adrien"
Par Catherine Le Guellaut - Publié dans : textes à lire
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 19 juin 2009
par Christophe Chay, Catherine Le Guellaut et Jacques Massip
15 x 23 cm, 256 pages, Editions du Gerfaut, 2009.
Théâtre sans coulisses, tout de l'arène est visible de tous, pourtant personne n'y voit la même chose. Complexe, colorée, riche d'émotions, la corrida ne laisse pas indifférent et que l'on soit aficionado ou néophyte, les questions affluent : Qu'est-ce qu'une belle faena ? Comment devient-on torero ? Pourquoi de l'or sur le costume ? Le toro est-il sauvage ou domestique ? Qui va aux arènes ? Pourquoi faut-il que le toro meure ? Doit-on inscrire la corrida au patrimoine mondial de l’humanité ?
A ces questions, les auteurs ont souhaité apporter, dans le registre propre à chacun, des réponses précises et détaillées, expliquer des réalités souvent mal interprétées. Ils ont exploré un vaste faisceau de domaines, de l'élevage à l'économie, de la technique aux valeurs éthiques, de la ritualité à l'art...
Par des renvois, des encadrés, une iconographie soigneusement sélectionnée, ce “250 réponses à vos questions sur la tauromachie" vise à relier les informations, à les mettre en synergie pour faire émerger ce qui fait sens dans la corrida, ce qui prête à débat, mais aussi ce qui séduit, interroge et passionne.

Nîmois d'origine arlésienne, Christophe Chay est journaliste indépendant, métier qu'il conjugue à sa passion taurine avec talent et expertise (Planète corrida, Semana Grande, Télé Miroir, radio 3Dfm). Co-auteur des textes de L'Encyclopédie de la Corrida, il a participé à La Tauromachie, histoire et dictionnaire (Robert Laffont).
Nîmois, aficionado de longue date et chroniqueur taurin, psychothérapeute, analyste des pratiques à l'Univesité et chercheur (travaille entre autres sur la préparation mentale de toreros), Jacques Massip porte sur la tauromachie un regard en permanente curiosité. Lui aussi a collaboré à la rédaction des notices de La tauromachie, histoire et dictionnaire. (Robert Laffont)
et ...
Arlésienne d'adoption par amour, camarguaise par choix, aficionada et militante,
Catherine Le Guellaut
est responsable de la Boutique des Passionnés.
Elle est l'auteur de recueils de nouvelles taurines
Les taureaux rêvent aussi et Et la lune nous regardait salués par la critique et les lecteurs (édition Cairn).


Une nouvelle aventure d'écriture s'achève avec la sortie de cet ouvrage.
Tout d'abord, le travail à plusieurs voix, riche, exigeant, intimidant, irritant, enthousiasmant, fait du partage de nos expériences, de nos regards différents, de nos divergences aussi (rares et aprement discutées).
S'astreindre à la table de travail (deux ans et des broutilles) pour peindre avec objectivité et précision, ce qu'est la corrida sous tous ses aspects, pour la peindre avec le coeur et la raison, la faire comprendre et en faire ressortir et ressentir son essence...

Ne pas négliger pour autant le mot juste et la poésie,
ni la lumière, ni la palpitation, ni l'émotion...
J'y ai mis aussi tout cela...
J'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce 250 réponses,
que nous avons - que J'AI eu - de plaisir à le concocter.
con aficion y corazon,
Catherine
Par Catherine Le Guellaut - Communauté : tauromachies
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

bibliographie

250 réponses à vos questions sur la tauromachie
en co-écriture avec
Christophe Chay et Jacques Massip
(Gerfaut, 2009)

La Sombra del Sol
nouvelles taurines
à paraître en 2010
(Cairn)
Les Taureaux Rêvent aussi
(Cairn, 2006)
épuisé

Et la Lune nous regardait
(Cairn, 2007)

Q
uelques derniers exemplaires disponibles
à la Boutique des Passionnes d'
Arles

Texte libre



"Et la lune nous regardait"
envoyé par Catherine Le Guellaut

Copla (poème)
illustrations d'Albert Martin
sur une musique de Mariano Martin.
 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés